Pourquoi seulement 7 % des entreprises ont optimisé leur gestion de la formation ?

Benchmark 2026 : état des lieux de la gestion de la formation en entreprise
La formation professionnelle est devenue un enjeu stratégique pour les entreprises. Développement des compétences, adaptation aux évolutions métiers, attractivité employeur : les attentes n’ont jamais été aussi fortes.
Pourtant, où en sont réellement les organisations dans leur capacité à piloter efficacement la formation ?
Pour répondre à cette question, nous avons interrogé une trentaine de responsables formation d’entreprises françaises de 200 à 10 000 salariés dans le cadre d’un benchmark exploratoire sur la maturité de la gestion de la formation.
Les résultats révèlent une réalité contrastée : si les entreprises ont largement structuré leurs pratiques, peu d’entre elles ont véritablement transformé la formation en levier stratégique de performance.

Plus d'une entreprise sur deux a structuré sa gestion de la formation, mais seules 7% ont atteint un niveau optimisé.
Un niveau de maturité encore intermédiaire pour la majorité des entreprises
L’étude montre que le score global de maturité atteint 57 %.
La catégorie la plus avancée concerne l’organisation et le pilotage avec un score moyen de 64 %, suivie des indicateurs et de la performance (60 %). En revanche, les processus opérationnels restent le principal point faible avec seulement 45 % de maturité.
Plus révélateur encore : seuls 7 % des répondants atteignent un niveau « Optimisé », tandis que 53 % se situent au niveau « Structuré ».
Autrement dit, les fondations existent. Mais l’automatisation, la mesure de la performance et l’expérience utilisateur restent encore largement perfectibles.

Les processus opérationnels sont le principal point faible des organisations interrogées.
Une gouvernance de la formation mieux définie… mais rarement stratégique
Premier enseignement positif : 39 % des entreprises déclarent disposer d’une organisation centralisée avec des rôles clairement définis.
Cependant, seulement 17 % indiquent piloter la formation de manière véritablement stratégique à travers une gouvernance formalisée et une feuille de route claire.
Cette différence est fondamentale.
Structurer une équipe formation est une première étape. Relier la formation aux objectifs business, aux compétences critiques et aux enjeux de transformation constitue le véritable marqueur de maturité.

56% des entreprises utilisent encore plus de 4 canaux différents pour gérer les demandes de formation.
Le plan de développement des compétences progresse, mais reste souvent déconnecté du business
Plus de la moitié des entreprises (56 %) s’appuient sur un plan de développement des compétences formalisé, intégrant calendrier, arbitrages et budget.
Cependant, seulement 11 % construisent ce plan en lien direct avec les objectifs stratégiques de l’entreprise, les compétences critiques ou les indicateurs de performance.
Ce constat souligne un défi majeur : faire évoluer le plan de formation d’un exercice administratif annuel vers un outil de pilotage des compétences.

Trop de canaux, trop de complexité
L’un des résultats les plus frappants du benchmark concerne la gestion des demandes de formation.
56 % des entreprises utilisent encore plus de quatre canaux différents pour collecter et traiter les demandes : e-mails, fichiers Excel, formulaires, managers, outils divers.
À l’inverse, seules 6 % disposent d’un canal unique et clairement identifié.
Cette multiplication des points d’entrée génère plusieurs conséquences :
- perte de temps pour les équipes RH ;
- manque de visibilité sur les besoins ;
- risques d’erreurs et de doublons ;
- expérience collaborateur dégradée.
La simplification des parcours constitue aujourd’hui un levier majeur d’amélioration.
Les validations restent largement manuelles
Autre indicateur de maturité : le niveau d’automatisation.
76 % des organisations fonctionnent encore avec des processus manuels ou partiellement structurés pour les validations et les inscriptions aux formations.
Seules 12 % disposent de workflows automatisés de bout en bout.
Cette situation mobilise inutilement les équipes formation sur des tâches administratives à faible valeur ajoutée, au détriment du conseil, de l’accompagnement et du pilotage stratégique.
Les 4 freins qui empêchent d'atteindre la maturité

La digitalisation progresse, mais les outils restent souvent fragmentés
Lorsqu’on s’intéresse aux outils utilisés pour gérer la formation, le constat est sans appel.
31 % fonctionnent encore principalement avec Excel et les e-mails.
38 % utilisent plusieurs outils non connectés.
25 % disposent d’un outil structurant (TMS, SIRH ou LMS).
Seulement 6 % bénéficient d'un écosystème pleinement connecté.
Ces chiffres illustrent l’une des principales limites observées dans les entreprises : la multiplication des outils crée des silos de données et complexifie le pilotage.
Un système intégré devient aujourd’hui indispensable pour gagner en efficacité opérationnelle et améliorer l’expérience utilisateur.
La gestion documentaire reste un chantier sous-estimé
Émargements, conventions, attestations, justificatifs : la documentation représente une charge importante pour les équipes formation.
Pourtant :

La conformité réglementaire et la traçabilité deviennent pourtant des enjeux de plus en plus critiques.
L’expérience collaborateur reste perfectible
La capacité des collaborateurs à exprimer leurs besoins de formation constitue un indicateur clé de maturité.
L’étude révèle que :
40 % disposent d’un processus structuré ;
33 % déclarent que cela dépend encore fortement des équipes ou des périodes ;
7 % seulement bénéficient d’une expérience réellement fluide et autonome.
Autrement dit, le self-service formation reste encore l’exception plutôt que la norme.
Les managers : le maillon faible du développement des compétences ?
Le rôle du manager est souvent présenté comme essentiel dans le développement des compétences.
Pourtant, seuls 13 % des répondants considèrent leurs managers comme de véritables acteurs du pilotage de la formation.
La majorité les impliquent ponctuellement ou uniquement dans les validations administratives.
Cette faible implication limite considérablement la capacité des organisations à aligner les besoins de compétences avec les enjeux opérationnels.

Mesurer la formation : encore beaucoup d’intuition, peu de pilotage
La bonne nouvelle est que seules 7 % des entreprises déclarent ne disposer d’aucun indicateur.
La moins bonne : 60 % s’appuient encore sur quelques indicateurs souvent construits manuellement.
Concernant l’évaluation de l’efficacité :
27 % ne réalisent aucun suivi ;
27 % se limitent à la satisfaction à chaud ;
33 % ajoutent un suivi partiel à froid ;
13 % seulement mesurent réellement l’impact business et le retour sur investissement.
Nous sommes donc encore loin d’une logique de pilotage par la donnée.
Les 3 priorités des responsables formation en 2026
À la lumière de ces résultats, trois axes de progression apparaissent comme prioritaires :

Conclusion : la maturité formation n’est plus une option
cette étude exploratoire met en évidence une situation paradoxale.
Les entreprises ont largement structuré leur gestion de la formation. Mais elles peinent encore à franchir le cap vers un pilotage stratégique, automatisé et orienté performance.
Dans un contexte marqué par les transformations des métiers, la pénurie de compétences et l’accélération des besoins d’apprentissage, la maturité de la gestion de la formation devient un véritable avantage concurrentiel.
La question n’est plus de savoir s’il faut digitaliser et piloter la formation.
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