Comment ajuster son plan de développement des compétences ?

Ajuster un plan de développement des compétences est devenu un véritable défi pour les équipes RH et formation. Entre l'évolution rapide des métiers, les nouveaux projets, les réorganisations internes ou encore les attentes des collaborateurs, un plan construit en début d'année ne correspond plus toujours à la réalité du terrain quelques mois plus tard.
Dans ce contexte, comment continuer à développer les compétences prioritaires sans remettre entièrement en question la stratégie initiale ? Comment arbitrer rapidement, réallouer certaines ressources et adapter les actions de formation aux besoins réels des équipes ?
La bonne nouvelle, c'est qu'un plan de développement des compétences n'a pas vocation à rester figé. Au contraire, il gagne à être piloté en continu afin de rester aligné sur les enjeux opérationnels de l'entreprise.
Voici plusieurs leviers concrets pour ajuster efficacement votre plan tout au long de l'année.
En bref
Pourquoi un plan de développement des compétences devient-il rapidement obsolète ?
Pendant longtemps, de nombreuses entreprises construisaient leur plan de développement des compétences une fois par an, puis le déroulaient jusqu'à la campagne suivante.
Aujourd'hui, cette approche montre rapidement ses limites.
Les organisations évoluent plus vite, les métiers se transforment en permanence et de nouveaux besoins apparaissent tout au long de l'année. Dans ce contexte, il devient difficile de prévoir avec précision l'ensemble des besoins de formation douze mois à l'avance.

Les besoins métiers évoluent plus vite qu'avant
La transformation numérique, les évolutions réglementaires ou l'arrivée de nouveaux outils modifient régulièrement les compétences attendues sur le terrain.
Une formation jugée prioritaire en janvier peut ainsi devenir secondaire quelques mois plus tard.
À l'inverse, un besoin qui n'avait pas été identifié au moment de la construction du plan peut rapidement devenir stratégique.
Prenons l'exemple d'une entreprise qui déploie un nouvel outil CRM au printemps. Les actions de formation initialement prévues sur d'autres sujets peuvent devoir être réévaluées afin d'accompagner plus rapidement les équipes concernées.
Selon le rapport « Future of Jobs » du World Economic Forum, près de 39 % des compétences actuellement utilisées au travail devraient évoluer d'ici 2030.
Les priorités opérationnelles changent en permanence
Croissance rapide, ouverture d'un nouveau site, fusion, départs clés ou tensions de recrutement peuvent modifier en profondeur les priorités de développement des compétences.
Dans de nombreux entreprises, les responsables formation découvrent de plus en plus fréquemment en cours d'année que certaines actions prévues ne répondent plus aux attentes des équipes.
À l'inverse, de nouveaux besoins émergent parfois très rapidement.
Lorsque le plan de développement des compétences reste figé, il devient alors plus difficile de soutenir efficacement les objectifs opérationnels.
Les données nécessaires au pilotage restent souvent dispersées
Dans de nombreuses organisations, les informations liées aux compétences, aux budgets, aux inscriptions ou aux évaluations restent réparties entre plusieurs fichiers Excel, e-mails ou outils distincts.
Cette dispersion complique les arbitrages.
Avant de prendre une décision, les équipes RH doivent parfois consolider manuellement plusieurs sources d'information, vérifier différents reportings ou solliciter les managers pour obtenir une vision plus précise des besoins.
Le problème n'est donc pas le plan lui-même, mais la difficulté à le piloter dans la durée.
Plus les données sont dispersées, plus il devient compliqué d'ajuster rapidement les priorités formation lorsque le contexte évolue.

Les principaux moments qui doivent conduire à réévaluer le plan
Certains événements doivent alerter les équipes RH et déclencher une révision du plan de développement des compétences. C'est notamment le cas lors d'un changement de stratégie, du lancement d'un nouveau projet, d'une réorganisation, d'une forte croissance des effectifs ou encore lorsqu'un turnover important affecte certains métiers clés.
- évolution de la stratégie de l'entreprise ;
- lancement d'un nouveau projet ou déploiement d'un nouvel outil ;
- ouverture d'un nouveau site ;
- réorganisation interne ;
- départs ou recrutements importants ;
- évolution réglementaire.
7 leviers pour ajuster efficacement son plan de développement des compétences
Face à l'évolution rapide des métiers et des priorités opérationnelles, le plan de développement des compétences ne peut plus être piloté une seule fois par an.
Pour rester pertinent, il doit évoluer régulièrement afin de répondre aux besoins réels du terrain.
Voici 7 leviers concrets qui permettent aux équipes RH et formation d'ajuster plus facilement leur plan tout au long de l'année, sans remettre en cause l'ensemble de leur stratégie.

1. Identifier les actions de formation qui ne répondent plus aux besoins
Toutes les formations prévues en début d'année ne restent pas forcément pertinentes quelques mois plus tard.
Un besoin peut disparaître, une priorité métier évoluer ou un projet être reporté. Pourtant, certaines actions de formation continuent parfois d'être maintenues par habitude.
Par exemple, une formation programmée pour accompagner une évolution réglementaire peut finalement perdre de son intérêt si les obligations changent ou si les équipes ont déjà acquis les compétences attendues.
Réévaluer régulièrement les actions les moins suivies ou les moins utiles permet d'ajuster plus facilement le plan de développement des compétences sans remettre en cause l'ensemble de la stratégie.
Lorsque les données sont regroupées au même endroit, il devient également plus simple d'identifier les formations qui ne répondent plus aux besoins du terrain.
Quels arbitrages réaliser en pratique ?
Lorsqu'un nouveau besoin apparaît, trois options peuvent être envisagées :
- Maintenir les formations qui répondent toujours à des compétences stratégiques ou réglementaires.
- Décaler les actions dont l'urgence est devenue moins forte.
- Supprimer ou remplacer les formations qui ne correspondent plus aux priorités de l'entreprise.
Ces arbitrages permettent d'ajuster progressivement le plan sans remettre en cause l'ensemble de la stratégie formation.
2. Prioriser les compétences réellement stratégiques
Lorsque de nouveaux besoins apparaissent, il devient indispensable de hiérarchiser les priorités.
Toutes les demandes de formation ne présentent pas le même niveau d'urgence ni le même impact sur l'activité.
Certaines compétences conditionnent directement la performance opérationnelle, la conformité réglementaire ou la capacité de l'entreprise à mener ses projets.
Ce sont souvent ces compétences qui doivent être traitées en priorité.
Pour définir ces priorités, plusieurs questions peuvent être posées :
- Quelles compétences deviennent critiques pour l'activité ?
- Quels métiers évoluent le plus rapidement ?
- Quels besoins remontent le plus fréquemment du terrain ?
- Quels projets nécessitent un accompagnement spécifique ?
S'appuyer davantage sur les managers
Les managers restent les mieux placés pour identifier les évolutions concrètes des métiers.
Leurs retours permettent souvent de détecter rapidement l'apparition de nouveaux besoins ou, au contraire, l'obsolescence de certaines actions prévues.
Dans certaines entreprises, des points réguliers entre managers et équipes RH permettent d'ajuster progressivement le plan de développement des compétences tout au long de l'année.
Selon le Baromètre Formation et Emploi de Centre Inffo, plus de 70 % des entreprises considèrent aujourd'hui le développement des compétences comme un enjeu stratégique pour leur organisation.
3. Utiliser les données pour arbitrer plus rapidement
De nombreuses décisions relatives à la formation reposent encore sur des impressions ou des remontées informelles.
Pourtant, disposer de données fiables facilite considérablement les arbitrages.
Lorsque plusieurs besoins émergent simultanément, les équipes RH doivent pouvoir s'appuyer sur des éléments objectifs afin de prendre des décisions rapidement.
Quelques indicateurs suffisent souvent à orienter les arbitrages.
Quels indicateurs suivre en priorité ?
-
Le taux de participation permet, par exemple, d'identifier les formations qui suscitent peu d'intérêt.
-
Le suivi des compétences aide à repérer les écarts persistants entre les besoins attendus et les compétences réellement maîtrisées.
-
Le budget consommé offre une vision plus précise des marges de manœuvre encore disponibles.
-
Enfin, les évaluations réalisées après les formations apportent des informations précieuses sur la perception des collaborateurs et sur l'utilité des actions suivies.
Lorsque ces données sont accessibles facilement, les arbitrages deviennent plus rapides et plus sereins.
À l'inverse, lorsque les informations restent dispersées, chaque ajustement nécessite des recherches et des consolidations chronophages.
Des tableaux de bord centralisés facilitent justement cette prise de décision continue.
Nous détaillons également les indicateurs les plus utiles dans notre article consacré aux indicateurs qui mesurent réellement l'impact de la formation.
4. Réallouer certaines ressources en cours d'année
Un plan de développement des compétences ne doit pas être considéré comme un document figé.
Lorsqu'une nouvelle priorité apparaît, il peut être nécessaire de réallouer une partie des ressources prévues initialement.
Concrètement, cela peut consister à reporter une formation peu prioritaire afin de financer un accompagnement devenu stratégique pour l'activité.
Par exemple, une entreprise qui déploie un nouvel outil métier peut décider de réduire certaines actions précédemment prévues afin de former rapidement les équipes concernées.
Cette capacité à réallouer les budgets et les ressources en cours d'année permet de maintenir un plan réellement aligné sur les besoins opérationnels.
5. Réduire la charge administrative pour dégager du temps de pilotage
Dans de nombreuses organisations, une part importante du temps des équipes RH reste consacrée aux tâches administratives : convocations, relances, suivi des présences, gestion documentaire ou reporting.
Cette charge réduit mécaniquement le temps disponible pour analyser les besoins, échanger avec les managers ou ajuster les priorités.
Pourtant, c'est précisément ce travail de pilotage qui permet d'adapter efficacement le plan de développement des compétences.
Selon une étude relayée par Deloitte, les équipes RH peuvent consacrer jusqu'à 57 % de leur temps à des tâches administratives et opérationnelles, au détriment d'activités plus stratégiques.
Automatiser une partie de ces activités permet donc de libérer du temps pour des missions à plus forte valeur ajoutée. Nous revenons plus en détail sur ces enjeux dans notre article sur la gestion administrative de la formation.
Des solutions comme IA Doc by Training Square permettent notamment d'automatiser une partie du traitement documentaire en reconnaissant les documents reçus par e-mail et en les classant automatiquement dans le bon dossier de formation.
Les équipes RH passent ainsi moins de temps à rechercher, vérifier ou archiver manuellement les pièces administratives pour se concentrer sur des actions de pilotage bien plus impactantes.
6. Mieux suivre les compétences développées
Dans certaines entreprises, il reste difficile de savoir précisément quelles compétences ont été développées au fil des formations.
Cette absence de visibilité complique les arbitrages.
Par exemple, une entreprise qui ouvre un nouveau site peut découvrir que certaines compétences restent insuffisamment maîtrisées malgré plusieurs formations déjà réalisées.
Comment ajuster le plan de développement des compétences si les équipes RH ne disposent pas d'une vision claire des compétences acquises, des écarts persistants ou des besoins émergents ?
Un suivi plus structuré permet au contraire d'identifier rapidement les compétences qui nécessitent encore un accompagnement.
Il devient alors plus simple d'ajuster les priorités et de proposer des actions réellement adaptées aux besoins du terrain.
7. Mettre en place un pilotage continu plutôt qu'un pilotage annuel
L'une des principales limites des plans de développement des compétences réside dans leur mode de pilotage.
Lorsqu'ils sont revus uniquement une fois par an, ils peinent souvent à suivre les évolutions de l'entreprise.
Un pilotage continu permet au contraire d'ajuster progressivement les priorités au fil des mois.
Certaines organisations organisent par exemple des points trimestriels avec les managers afin d'identifier les nouveaux besoins, suivre les compétences développées et réévaluer certaines actions.
Cette approche offre davantage de souplesse et permet de maintenir un plan plus proche des réalités opérationnelles.
Les outils qui facilitent l'ajustement du plan de développement des compétences
Ajuster un plan de développement des compétences en cours d'année devient beaucoup plus simple lorsque les équipes RH disposent d'une vision claire des données formation.
Encore aujourd'hui, de nombreuses organisations s'appuient sur plusieurs fichiers Excel, des échanges par e-mail et différents outils pour suivre les compétences, les budgets ou les inscriptions.
Centraliser les données pour gagner en réactivité
Cette dispersion des informations ralentit les arbitrages et complique les prises de décision.
À l'inverse, des outils capables de centraliser les données permettent de gagner en réactivité et de prendre des décisions plus rapidement.
Les fonctionnalités les plus utiles
Parmi les fonctionnalités les plus utiles figurent :
- le suivi des compétences ;
- les tableaux de bord et indicateurs de pilotage ;
- la gestion des budgets formation ;
- le suivi documentaire ;
- l'automatisation de certaines tâches administratives ;
- les intégrations avec les autres outils RH.
Pour aller plus loin, découvrez également pourquoi de plus en plus d'entreprises choisissent d'adopter un Training Management System (TMS).
Lorsque ces informations sont accessibles au même endroit, les responsables formation peuvent ajuster plus facilement les priorités sans avoir à consolider manuellement plusieurs sources de données.
Des solutions comme le TMS de Training Square répondent précisément à cet enjeu en centralisant le pilotage de la formation, des compétences et des indicateurs dans un environnement unique.
Le vrai enjeu : conserver un plan aligné sur les besoins du terrain
Le plan de développement des compétences ne peut plus être considéré comme un document figé, défini une fois par an puis appliqué à l'identique pendant douze mois.
Les besoins métiers évoluent trop rapidement pour cela.
Passer d'une logique annuelle à un pilotage continu
L'enjeu consiste désormais à disposer d'un pilotage suffisamment souple pour ajuster certaines priorités, réallouer des ressources ou intégrer de nouveaux besoins sans remettre en cause l'ensemble de la stratégie formation.
Dans un contexte où les métiers évoluent rapidement, cette capacité d'adaptation devient difficile à contourner.
Selon le rapport « Future of Jobs » du World Economic Forum, près de 6 salariés sur 10 auront besoin d'une formation ou d'une montée en compétences d'ici 2030.
Maintenir des formations réellement utiles
Pour les équipes RH et formation, le défi ne consiste donc plus seulement à construire un plan de développement des compétences, mais à le faire évoluer en continu afin que ce plan reste aligné sur les réalités du terrain.
Disposer d'un outil capable de centraliser les données formation devient aujourd'hui un véritable levier pour ajuster rapidement les priorités et faciliter les arbitrages en cours d'année.
En offrant une visibilité sur les compétences, les indicateurs et les budgets en temps réel, une telle solution permet de prendre des décisions plus rapidement et de maintenir des actions de formation réellement utiles pour les collaborateurs.

Jérôme Lesage
Le blog de la formation

Comment ajuster un plan de développement des compétences en cours d'année ?
L'ajustement repose généralement sur l'analyse régulière des besoins métiers, des compétences développées et des priorités opérationnelles. Des points réguliers avec les managers facilitent également ces arbitrages.
À quelle fréquence faut-il revoir le plan de développement des compétences ?
De nombreuses entreprises réalisent désormais des points trimestriels afin d'adapter plus rapidement les actions de formation aux évolutions du terrain.
Quels indicateurs suivre pour ajuster un plan de développement des compétences ?
Les indicateurs les plus utiles concernent généralement les compétences développées, le taux de participation, l'engagement des collaborateurs, le budget consommé et les besoins exprimés par les managers.
Pourquoi certaines actions de formation deviennent-elles moins pertinentes ?
L'évolution des métiers, des outils ou des priorités opérationnelles peut rendre certaines formations moins adaptées aux besoins réels des équipes.
Quels outils permettent de piloter un plan de développement des compétences ?
Les logiciels de gestion de formation de type TMS permettent généralement de centraliser les données, suivre les compétences et faciliter les arbitrages tout au long de l'année.
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